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« Tout va bien se passer » de Maïa BRAMI – Théâtre de la Reine Blanche (Paris 18)

tout va bien se passer Maïa BRAMI
Avec : Coralie Emilion-Languille et David Kpossou
Collaboration à la mise en scène : Maïa Brami
Musique originale : David Kpossou
Styliste : Laurence Benoit
Décor : Emanuel Reveillére
Collaborations artistiques : Bouziane Bouteldja, Arnaut Vernet
Productions : Honorine Productions et nopog productions

Le 7 juin 2018, j’ai été invitée à la première de la pièce musicale  « Tout va bien se passer » de Maïa BRAMI.

En rentrant dans la salle de théâtre, tout près de la scène, un musicien. La musique est grave. On devine que l’on va assister à quelque chose de sérieux dans les instants qui vont suivre. Sur la scène, deux chaises et une douche. L’eau coule. Pas certaine que « tout va bien se passer ».

L’actrice Coralie EMILION LANGUILLE entre en scène. Elle enlève ses chaussures et s’apprête à aller prendre une douche. Vous savez, la douche que les femmes sur le point de se faire ponctionner prennent le matin, plutôt que d’engloutir un bon petit-déjeuner.

Commence alors un monologue avec le jeu de corps. De son corps.  L’actrice, allongée sur le sol, jambes levées, informe son public qu’elle est prête à se faire ponctionner. « Je suis jambes écartées dans les étriers. Que reste-t-il de soi les jambes écartées dans des étriers sous la lumière crue ? Que reste-t-il d’une femme ?  » . Elle y raconte alors les aller retours des rendez-vous de contrôles qui rythment la vie d’une femme sous hormones « Depuis vingt jours, un jour sur trois, je dois pointer à 7 heures à l’hôpital, en banlieue, pour faire des analyses de sang et une échographie ». Très vite, arrive l’explication de la ponction sous anesthésie locale [pour elle] et de l’ambiance qui y règne « Avec l’éminent professeur, on a plaisanté. Ça participe du processus de mise en veille. Si vous plaisantez à demi nue les jambes ouvertes devant un homme à sa merci, vous restez habillée, comme si vous étiez assise dans son bureau, comme si vous étiez assise dans un café. Sauf que c’est un médecin et si vous avez de la chance, votre médecin ; s’établit alors un climat de confiance. A priori, vous êtes… entre de bonnes mains ! » . Après avoir été ponctionnée d’un ovocyte, nous apprenons que l’équipe de la PMA a perdu le seul et unique ovocyte que son corps avait bien voulu produire. On sent la détresse dans la voix de la comédienne « Un sentiment de dévastation, d’avoir été éventrée, pillée, volée, dépouillée, trahie. Vous étiez vivante, prête à donner la vie, vous portiez un espoir, vous étiez cet espoir et en l’espace d’un instant, vous vous retrouvez ou- verte, abîmée, déchirée, perdue ». Surtout que l’éminent professeur [par excès de confiance…par négligence ?] aura commis une erreur. Une hémorragie interne qui aurait pu coûter la vie à la protagoniste et que ledit professeur n’a pas su prévoir.

Dans cette pièce de théâtre, le jeu de scène et le jeu de rôle essaie de démontrer au public que non, il ne suffit pas de faire une FIV pour avoir un bébé. Que non, il ne suffit pas d’aller en PMA pour obtenir une grossesse qui ne vient pas naturellement. Que non, la PMA n’est pas un long fleuve tranquille. Parfois, il faut plus d’un essai.  Et que, parfois, le corps médical met les patient(e)s à rude épreuve avec l’utilisation de gestes, de mots, non adaptés à la situation.

Le rêve de grossesse après plusieurs tentatives de procréation médicalement assistée, parfois s’estompe. Mais, est-ce de l’acharnement si l’envie de devenir mère reprend le dessus ? « Elle est en veille, mais surveille plus qu’il n’y paraît. Elle enregistre les moindres faits et gestes. Sur sa cuisse qu’il tapote, elle sent les doigts chauds de l’éminent professeur[…]. Il lui sourit. Tout va bien se passer… »

La comédienne se déshabille. Elle est nue. Entièrement nue. Elle prend sa douche.

« Voilà comment ça commence ».

AU THEATRE DE LA REINE BLANCHE – 2 BIS PASSAGE RUELLE 75018 PARIS – DU 7 AU 23 JUIN 2018 – Du mardi au samedi à 19h

 

Remerciement : Merci à Maïa BRAMI et sa chargée de presse Catherine de m’avoir permis d’assister à la pièce. Et merci de parler d’un sujet si tabou encore en 2018.

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11 réflexions au sujet de « « Tout va bien se passer » de Maïa BRAMI – Théâtre de la Reine Blanche (Paris 18) »

      1. Eh bien non, vraiment, ça nous replonge pas dans notre histoire puisque chaque histoire est différente. mais on s’y retrouve dans le détail de la ponction – de l’attente – échec(s)…nos émotions.. Mais effectivement, pour une nana qui débute en plus ça peut clairement effrayé

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